CAMARGUE ET HAUTES-PYRÉNÉES

Dates du voyage : du 14 au 31 juillet 2003.

Logement :

Auberge des Campanules (Photo Jean Denys)

Conditions de circulation :

Si la relation du voyage n'est pas votre priorité, vous pouvez passer directement à la liste des espèces observées en Camargue et en Crau ou à celle concernant les Hautes-Pyrénées.

14 juillet 2003.

Nous partons de Forbach à 5 h du matin, et j'ai dans mon portefeuille une attestation de perte de mon permis de conduire, de ma carte grise et de mon assurance. Je m'en suis aperçu la veille et il a fallu aller au commissariat de police en catastrophe.

Dès notre arrivée en Camargue, nous nous rendons à la Plage de Piémançon et c'est l'horreur. Je connais bien la Camargue pour l'avoir visitée à plusieurs reprises au printemps et je suis choqué par le spectacle qui nous attend. Tout le monde fait du camping sauvage et les ordures sont entassées au même endroit, ce qui limite les dégâts mais n'est pas très joli à voir quand même. Chemin faisant, nous avons le loisir de jeter un coup d'œil aux restes de la maisonnette de la LPO qui a été brûlée par les chasseurs sur la route vers les cabanes de Beauduc. Là aussi, beaucoup de monde et d'ordures. Rien à voir avec l'atmosphère du printemps et j'avoue que je suis un peu déçu. Heureusement, il y a quelques oiseaux intéressants à voir entre la plage de Piémançon et l'étang du Fangassier. D'abord 3 Sternes naines, quelques Sternes Caugek, Goéland railleurs et de nombreuses Aigrettes Garzettes, Flamants roses, Avocettes élégantes et Échasses blanches. Sur la route entre le Mas de Cameroun et la route reliant Le Sambuc à Salin de Giraud, je vois au dernier moment un superbe Rollier d'Europe perché sur des fils électriques. Je fais rapidement une marche arrière pour mieux le voir mais l'oiseau s'envole peu après. Dommage car ce sera mon seul contact avec cette espèce lors de ce voyage. Le soir, j'ai le plaisir de voir que 3 Demoiselles m'attendent dans ma chambre. Je veux bien entendu parler de ces odonates qui ressemblent à des libellules.

15 juillet 2003.

Nous nous rendons à Peau de Meau, en Crau en espérant que mes observations seront aussi nombreuses que celles que j'effectue en général au printemps. Pour se rendre à cet endroit, il ne faut pas oublier de se munir de l'autorisation de visite que l'on peut se procurer à l'éco-musée de St-Martin de Crau, juste à côté de l'église. Il suffit ensuite de suivre les panneaux "Étang des Aulnes". Il fait extrêmement chaud et l'observation des oiseaux est ardue. Malgré tout je peux voir 2 Hérons pourprés, 2 Pipits rousselines dont un chanteur, un Oedicnème criard dont la silhouette tangue dans la brume de chaleur et une Alouette calandrelle.

De retour en Camargue, nous voyons quelques Guêpiers d'Europe, une Hirondelle rustique nicheuse dans le 2ème observatoire de la Capelière d'où j'observe également une Grande Aigrette.

Après avoir marché autour du domaine sous le soleil qui tape fort, je me dirige vers la mer et juste avant d'y arriver, je suis très surpris de voir 2 Paons bleus se sauver sans se pavaner devant ma voiture. Ils viennent très probablement d'un des mas du coin. Ma route s'arrête à l'entrée est de la Digue à la Mer car elle est interdite aux 4X4. D'autres possesseurs de ce type de véhicule ont moins de scrupules que moi. À la Tour du Valat où un autre observatoire de la LPO a brûlé, je note la présence de 6 Grandes Aigrettes, 2 Crabiers chevelus et un Circaète Jean-le-Blanc.

16 juillet 2003.

Ce voyage n'étant pas uniquement ornithologique, nous consacrons quelques heures à la visite d'Arles et notamment de l'Hôtel Dieu où Van Gogh a été soigné. On y trouve à présent beaucoup de galeries marchandes et un beau parterre fleuri. Après un petit tour par les arènes, nous nous rendons à la Primatiale de St-Trophime, cette église de style roman, ornée de tapisseries, où sont exposées de nombreuses reliques.

Nous poursuivons notre périple en empruntant la piste de Basses Méjanes jusqu'au Mas Michel et je ne l'ai pas regretté un instant car c'est l'un des endroits où j'ai vu le plus d'oiseaux lors de ce voyage, avec notamment des Guêpiers d'Europe, de nombreuses Échasses blanches, un Héron pourpré, une Sterne pierregarin, des Sternes Hansel et des Guifettes moustacs ainsi qu'un Crabier chevelu.

En poursuivant notre route nous allons jusqu'à l'observatoire en béton sur une route près du Mas d'Agon. Curieusement il n'a pas brûlé. Au milieu des touristes qui se pressent sur la plate-forme, je peux observer 2 Crabier chevelus, 4 Chevaliers sylvains et 4 Combattants variés.

Au bord de la route, près du mas Maudo, un faisan tout noir m'a bien étonné en sortant du fossé. Il est vrai que je n'ai pas l'habitude de voir la forme mélanique du Faisan de Colchide . D'après un habitant de la région, il s'agissait d'un rescapé des oiseaux relâchés par les chasseurs. Non loin de là, une bonne cinquantaine de Petits Gravelots attendent je ne sais quoi, immobiles dans un champ labouré.

Comme chaque année, nous prenons le temps de nous rendre au Musée du riz entre le Sambuc et Salin de Giraud. Souvent, les visiteurs pensent qu'il est fermé, mais il ne faut pas hésiter à donner un petit coup de klaxon et le propriétaire, un homme très sympathique, se fera un plaisir de vous ouvrir. Vous y apprendrez bien des choses sur la riziculture et sur la vie d'antan dans la région, et pour ne rien gâcher, vous pourrez acheter à un prix très raisonnable toutes sortes de riz biologiques tous meilleurs les uns que les autres.

Nous terminons la journée à la Palissade où, à part un Huîtrier pie, quelques Sternes naines et 3 Goélands railleurs, nous ne voyons rien d'extraordinaire.

Liste des espèces observées en Camargue et Crau

01 Grèbe huppé Podiceps cristatus
02 Grand Cormoran Phalacrocorax carbo
03 Héron garde-boeufs Bubulcus ibis
04 Crabier chevelu Ardeola ralloides
05 Aigrette garzette Egretta garzetta
06 Grande Aigrette Casmerodius albus
07 Héron cendré Ardea cinerea
08 Héron pourpré Ardea purpurea
09 Flamant rose Phoenicopterus roseus
10 Cygne tuberculé Cygnus olor
11 Tadorne de Belon Tadorna tadorna
12 Canard colvert Anas platyrhynchos
13 Canard chipeau Anas strepera
14 Fuligule morillon Aythya fuligula
15 Milan noir Milvus migrans
16 Busard des roseaux Circus aeruginosus
17 Buse variable Buteo buteo
18 Circaète Jean-le-blanc Circaetus gallicus
19 Faucon crécerelle Falco tinnunculus
20 Faisan de Colchide Phasianus colchicus
21 Gallinule Poule-d'eau Gallinula chloropus
22 Foulque macroule Fulica atra
23 Huîtrier pie Haematopus ostralegus
24 Oedicnème criard Burhinus oedicnemus
25 Échasse blanche Himantopus himantopus
26 Avocette élégante Recurvirostra avosetta
27 Petit Gravelot Charadrius dubius
28 Gravelot à collier interrompu Charadrius alexandrinus
29 Combattant varié Philomachus pugnax
30 Chevalier gambette Tringa totanus
31 Chevalier sylvain Tringa glareola
32 Chevalier guignette Tringa hypoleucos
33 Chevalier culblanc Tringa ochropus
34 Goéland railleur Larus genei
35 Mouette rieuse Larus ridibundus
36 Goéland leucophée Larus michahellis
37 Sterne hansel Gelochelidon nilotica
38 Sterne caugek Sterna sandvicensis
39 Sterne pierregarin Sterna hirundo
40 Sterne naine Sternula albifrons
41 Guifette noire Chlidonias niger
42 Guifette moustac Chlidonias hybrida
43 Pigeon ramier Columba palumbus
44 Pigeon biset Columba livia
45 Tourterelle turque Streptopelia decaocto
46 Martinet noir Apus apus
47 Martin-pêcheur d'Europe Alcedo atthis
48 Guêpier d'Europe Merops apiaster
49 Rollier d'Europe Coracias garrulus
50 Alouette des champs Alauda arvensis
51 Alouette calandrelle Calandrella brachydactyla
52 Hirondelle de rivage Riparia riparia
53 Hirondelle rustique Hirundo rustica
54 Hirondelle de fenêtre Delichon urbicum
55 Pipit rousseline Anthus campestris
56 Bergeronnette printanière Motacilla flava
57 Tarier pâtre Saxicola torquatus
58 Merle noir Turdus merula
59 Cisticole des joncs Cisticola jundicis
60 Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla
61 Pouillot véloce Phylloscopus collybita
62 Mésange charbonnière Parus major
63 Étourneau sansonnet Sturnus vulgaris
64 Pie bavarde Pica pica
65 Choucas des tours Corvus monedula
66 Corneille noire Corvus corone
67 Moineau friquet Passer montanus
68 Moineau domestique Passer domesticus
69 Pinson des arbres Fringilla coelebs
70 Verdier d'Europe Carduelis chloris
71 Chardonneret élégant Carduelis carduelis

17 juillet 2003.

Nous quittons la Camargue en direction des Hautes-Pyrénées et il y a beaucoup de circulation sur la Languedocienne, d'autant plus qu'une partie de la caravane du Tour de France est du voyage, elle aussi. Nous passons par Toulouse, la ville rose aux balcons de fer forgé et au fameux Capitole. Cette ville jeune et gaie, aux larges avenues et petites ruelles mériterait sûrement un séjour plus long. Nous visitons très rapidement la Basilique St-Sernin et poursuivons notre route en passant tout près de la désormais tristement célèbre usine AZF. L'explosion de cette usine a fait des dégâts qui sont encore bien visibles ce jour-là.

Nous sommes hébergés à Hôtel "Les Campanules", 3 étoiles, dans une ancienne bergerie au toit de lauzes, dans une chambre superbe avec magnifique vue sur la montagne pour 47 € par personne en demi-pension à Viscos. Ce pittoresque village est suspendu au-dessus de la vallée à 850 m d'altitude et on y est réveillé tous les matins à 7 h par les 2 cloches de la petite chapelle. Que ceux qui craignent le bruit ou aiment traîner au lit le matin se rassurent. Elles sont silencieuses à partir de 22 h.

La Chapelle de Viscos

18 juillet 2003.

Pour aller au Cirque de Gavarnie, il faut passer par Luz-Saint-Sauveur, une belle petite station de montagne où l'on trouve tout l'équipement nécessaire à la randonnée. Ce site, qui a été inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, est tellement célèbre que l'on est sûr d'y trouver du monde. Après avoir payé notre parking au village, nous décidons de ne pas nous mêler à la foule des vacanciers qui montent à cheval, à dos d'âne ou à pieds et choisissent le chemin le plus court. La meilleure vue sur le cirque se découvre en prenant la direction du Refuge des Espuguettes par un sentier sur la gauche peu après un petit pont. Nous avons à peine fait quelques pas que le premier Vautour fauve et plusieurs Chocards à bec jaune se détachent sur le ciel tout bleu. Pour monter au refuge, à 1800 m, il faut marcher pendant environ deux heures mais la vue qui vous attend est remarquable. Juste avant d'arriver au Cirque de Pailla, on peut admirer de magnifiques parterres d'Iris des Pyrénées (Iris pyrenaicum), des orchis mâles (Orchis mascula) et bien d'autres fleurs de montagne. Si vous n'aimez pas trop les longues marches, il vaut mieux prendre la direction du Cirque directement, sans monter au refuge.

Iris des Pyrénées

Les Marmotte des Alpes sont elles aussi au rendez-vous. Elles ont été réintroduites dans le Parc National des Pyrénées et sont à présent assez nombreuses mais ne vous attendez pas à en voir autant que dans le Parc de la Vanoise. Du refuge, nous redescendons par le plateau et nous suivons le flanc du cirque, passant sous des surplombs rocheux le long d'un sentier ombragé qui traverse par moments des pierriers. Après une courte pause à l'Hôtel du Cirque où nous prenons un petit rafraîchissement, nous repartons vers la Grande Cascade, la plus grande d'Europe paraît-il avec ses 423 m de chute. La température y est nettement moins élevée et nous avons été mouillés par les embruns. Le retour est d'autant plus long que nous avons été incités à la prudence par la vue d'un jeune touriste qui s'est fait une grosse entorse dans la descente et qui a dû être évacué en 4X4 puis par hélicoptère. Nous n'avons pas été très raisonnables car notre première randonnée a duré plus de huit heures.

Le Cirque de Gavarnie

19 juillet 2003.

Comme nous sommes encore fatigués de la randonnée de la veille, nous décidons de moins marcher ce jour et de nous rendre au Pic du Midi de Bigorre. Après le petit déjeuner, nous passons d'abord par le Pont Napoléon près de Luz-Saint-Sauveur d'où l'on peut faire du saut à l'élastique. Très peu pour nous. La montée dans le Col du Tourmalet est plaisante même s'il y énormément de monde pour le Tour de France qui fête cette année son centenaire. Les camping-cars sont garés au bord du ravin sur des km depuis la Mongie jusqu'au sommet à 2115 m. Le Tourmalet est vraiment un mythe chez les cyclistes et nous en voyons plusieurs, venant de tous les pays se faire photographier devant le buste de Jacques Godet, l'ancien Directeur du Tour de France ou de la statue du " Géant du Tour ". Tout en admirant le paysage, j'observe un Traquet motteux avec ses 2 jeunes et 12 Vautours fauves planant haut dans le ciel.

Pour monter au Pic du Midi de Bigorre, qui culmine à 2877 m, il faut aller à la Mongie et prendre 2 téléphériques, ce que nous avons fait et ce qui nous a coûté 23 € par personne. A cause de l'altitude, une jeune fille a eu un léger malaise et je ressens moi-même une légère nausée. Une fois habitués à l'altitude, cette impression a disparu d'autant plus que je fais la coche de la Niverolle alpine. En fait, j'ai vu 5 individus et un peu plus tard un Accenteur alpin. Sur la plate-forme, une passionnée d'astronomie nous fait profiter de son télescope pour nous montrer les taches ainsi que les protubérances du soleil.

On ne se lasse pas de ce spectacle, mais il faut quand même rentrer d'autant plus que nous voulons encore reconnaître l'arrivée du Tour à Luz-Ardiden. Le col vers cette station est extrêmement pentu et inspire le respect devant ce que font les cyclistes lorsqu'on sait qu'il vient après 3 autres cols qu'il a fallu franchir dans la même journée. Il y a tant de monde qui attend déjà les coureurs que nous devons faire demi-tour car il est impossible d'avancer.

L'observatoire du Pic du Midi

20 juillet 2003.

Comme le temps est couvert à Viscos, nous décidons de changer de vallée et de nous rendre au Lac d'Estaing. Peu d'observations à part 8 Vautours fauves et 2 Bondrées apivores. Pas la moindre trace d'Isard ou de Gypaète barbu. Je ne parle même pas du Desman des Pyrénées que je cherche sans trop y croire en jetant un coup d'oeil le long des torrents. Il aurait fallu pouvoir quitter l'hôtel plus tôt mais de toute façon les nombreuses voitures et la foule de cyclistes qui montent lentement les cols nous auraient ralentis. Ce fut donc une journée de repos et nous en avons bien profité.

21 juillet 2003.

Sans que nous sachions trop pourquoi il y a de nombreux Belges, très sympathiques, à l'hôtel et bien entendu c'est l'occasion de parler du Tour de France qui fait étape à Luz-Ardiden dans la soirée. Toutes les routes étant bloquées par la police, nous prenons un petit sentier connu de peu de gens pour pouvoir aller jusqu'au Col de Luz-Ardiden. Il nous faudra marcher pendant 1 h 15 mn jusqu'à Sarzos pour trouver un emplacement idéal en haut d'une butte. Nous attendons sur place toute la journée sans jamais nous ennuyer un seul instant tant il y a de monde et tant l'ambiance est bon enfant. Les spectateurs, dont de nombreux Basques, inscrivent les noms de leurs champions sur les routes à l'aide de bombes de peinture. Lorsque la caravane arrive enfin, c'est la folie, et les papys les plus sages et les enfants les moins turbulents perdent toute prudence au point de se faire renverser par une voiture pour un porte-clefs. Après l'échappée solitaire de Sylvain Chavanel, nous voyons arriver un petit groupe comportant le maillot jaune, Lance Armstrong. Il faut croire que j'ai eu du flair car Lance chute juste devant nous et fait tomber Iban Mayo. Jan Ulrich, sportivement, n'en a pas profité pas pour s'échapper. Mon appareil photo en bandoulière j'ai le bon réflexe et je mitraille la scène. Après le passage de la plupart des coureurs, nous repartons à Viscos tout en discutant d'autre chose que d'ornithologie. Le Tour de France, c'est quand même un évènement.

22 juillet 2003.

Viscos étant toujours dans les nuages, nous mettons à profit ce petit désagrément pour nous rendre à Lourdes. Cette visite m'a laissé une impression pénible mais enrichissante par certains aspects. Curieusement, nous n'en avions pas fini avec le Tour de France car nous avons vu toute l'équipe Saeko se rendre à la Basilique probablement dans le but de remercier la Vierge pour la victoire d'étape de son leader 2 jours auparavant.

Pour ce qui est de l'observation de la faune, j'ai pu noter un début de migration de Milans noirs à Lourdes même et à Bartrès, une Couleur verte et jaune s'échapper sous un buisson.

23 juillet 2003.

Le temps est encore couvert mais la météo a annoncé que le temps allait se dégager, avec des risques d'orage en soirée. Après notre copieux petit déjeuner journalier nous passons encore une fois par Cauterets et nous nous garons au parking de Pont d'Espagne. Nous négligeons les remontées mécaniques et prenons courageusement le GR 10 à gauche avant un petit pont. La montée est assez raide au début mais offre une ombre agréable sous les conifères. Une fois arrivés au Lac de Gaube (1725 m d'altitude et 40 m de profondeur) nous empruntons un chemin passant à travers un pierrier où nous voyons voleter un superbe Apollon. Près de la Cascade Esplumousse, plusieurs Marmottes sifflent, alarmées de notre présence en ce milieu pourtant assez fréquenté. Le sentier n'est pas très raide mais il nous faudra marcher encore assez longtemps pour atteindre enfin le Refuge des Oulettes de Gaube à 2150 m d'altitude, le but de cette randonnée. A 13 h 40 quelques nuages menaçants commencent à s'amonceler au-dessus du Vignemale (3298 m) et de son petit glacier.

Le Lac de Gaube

Une petite collation pour reprendre des forces et nous redescendons peu après 14 h. Ce ne seront finalement pas les nuages d'en-haut qui seront dangereux, mais ceux du bas, vers lesquels nous sommes obligés de nous diriger. Lorsque nous sommes enfin de retour au Lac de Gaube le tonnerre se met à gronder. Connaissant bien les dangers de l'orage en montagne, nous sommes assez inquiets et nous ne sommes pas les seuls. Certains randonneurs prennent des raccourcis dangereux au risque de se fouler une cheville. En un rien de temps, le lac disparait dans le brouillard, il se met à grêler et les éclairs zèbrent à présent le ciel. Pour ne pas risquer de tomber dans la descente devenue glissante nous prenons la décision de monter rapidement vers le télésiège où d'autres personnes avaient déjà trouvé refuge. Elles aussi s'étaient fiées à la météo qui prévoyait l'orage pour la soirée seulement. Après une bonne demi-heure d'attente tout le monde descend très lentement, les fesses mouillées par le télésiège sous les coups de tonnerre qui s'éloignent.

Cette promenade de plus de 7 h est très plaisante mais à ne faire que par beau temps absolu. Il vaut mieux garer sa voiture au parking payant plutôt que de la laisser au bord de la route car nous n'avons payé que 4 € 50 pour presque toute la journée.

Pont d'Espagne

24 juillet 2003.

L'orage a été assez violent dans la région de Viscos et lorsque nous nous réveillons, le village est plongé dans le brouillard. Même s'il ne fait pas froid, il est impossible de se promener en haute montagne. Nous en profitons donc pour vaquer à quelques besognes terre-à-terre puis nous partons pour la Vallée d'Arrens. Au barrage du Tech une Bondrée apivore, quelques Milans noirs et des centaines de Martinets noirs attendent que le ciel se dégage pour poursuivre leur migration. Nous visitons la Maison de la Montagne et discutons avec un guide au sujet des ours. Il s'en trouve un à ce moment-là près d'Hautacam alors qu'en mai, il avait été localisé près de Viscos.

25 juillet 2003.

Le beau temps est de retour et nous partons pour le Cirque de Troumouse dont on nous avait vanté les merveilles au cours du séjour. Pour y accéder, il faut s'acquitter d'un droit de passage de 3 € 50 et poursuivre la route au-delà du Plateau du Maillet (1837 m) et de son tapis de linaigrettes (Eriophorum angustifolium). Une fois arrivé au bout de la route, à une altitude dépassant quelque peu les 2000 m, de nombreuses promenades faciles sont possibles dans un cadre magnifique.

Il existe une statue de la Vierge à cet endroit et dans les rochers tout proches, nous avons facilement pu observer quelques Marmottes avant de poursuivre notre promenade jusqu'aux Lacs des Aires.

En scrutant les parois environnantes je compte jusqu'à 30 Chocards à bec jaune mais toujours pas de Gypaète barbu. J'ai quand même fini par trouver 4 Isards puis encore une quinzaine d'entre eux qui gambadaient sur un névé. Cet endroit doit être apprécié par ces mammifères car j'en vois encore 5 au Plateau de Maillet l'après-midi. En général ils sont visibles avant 10 h et après 16 h. Nous allons ensuite au barrage des Gloriettes tout proche, mais j'avoue que le site m'a semblé banal en comparaison de la beauté des paysages traversés peu de temps auparavant. De plus, la route est vraiment très étroite et assez fréquentée.

26 juillet 2003.

Encore une belle journée et une autre promenade facile dans un site enchanteur. S'il faut commencer par un endroit pour se mettre en jambes en arrivant dans cette région de France, je préconise fortement de commencer par une balade à la Fruitière et de la poursuivre dans la vallée de Lutour.

La Fruitière

Dès le début de notre randonnée, nous pouvons observer une dizaine d'Isards dont 3 cabris brouter à 50 m des vaches dont les cloches tintent bruyamment. Nous avons décidé de prendre notre temps et nous longeons lentement le torrent pendant un peu plus d'une heure, passant sous les différents conifères qui offrent une ombre fort appréciée.

Un repos bien mérité

Un Aigle royal, 8 Vautours fauves et 3 Grands Corbeaux passent lentement dans le ciel d'azur.

Nous redescendons au Pont d'Espagne pour y admirer les belles cascades et faire un petit tour au monument élevé à la gloire d'Alphonse Meillon, pionnier du Pyrénéisme, d'où l'on peut observer de loin le Vignemale. Quelle journée reposante par rapport à notre précédente visite à ce géant du Parc National des Pyrénées. Depuis le parking, nous revoyons l'Aigle royal qui semble prendre plaisir à faire des piqués.

Comme il nous reste du temps, nous nous rendons à la Maison du Parc National à Cauterets. Chaque étage de ce bâtiment correspond à un étage montagnard et l'on y apprend bien des choses sur la faune et la flore de la région. Une visite s'impose.

27 juillet 2003.

Il a fait un violent orage la nuit surtout en haute montagne et nous nous retrouvons une fois de plus dans les nuages en nous réveillant. Dans l'espoir de trouver le soleil en altitude, nous montons à Luz-Ardiden, en vain.

Nous décidons donc d'aller voir ce qu'il se passe en plaine, sous les nuages. Je suis surpris de voir les nombreux arbres à papillons qui bordent Le Gave de Pau et en les admirant, je découvre un puis quelques autres Cincles plongeurs. Au lac des Gaves, la migration des Milans noirs est à présent bien entamée. Il en passe sans arrêt avec notamment des groupes de 21, 50 et 12 en l'espace d'une ou deux heures. Il y a aussi des centaines de Martinets noirs qui comme nous, attendent sous la bruine de pouvoir monter plus haut.


28 juillet 2003.

Il y a toujours beaucoup de brouillard à Viscos quand nous nous réveillons. Pour ne pas passer une journée aussi morne que celle de la veille, nous décidons d'aller faire un tour dans le Parc Naturel de Néouvielle dans l'espoir d'y trouver du beau temps, au-dessus des nuages. A cause d'un éboulement qui s'était produit dans le Col du Tourmalet à la suite des violents orages des jours précédents nous devons faire un détour par la station de Barèges. Le Col d'Aspin, pentu, étroit et sinueux est noyé dans le brouillard et la route nous paraît longue puisque nous ne n'arrivons au parc qu'à 12 h 15 alors que nous sommes partis à 9 h. La route en lacets qui vous mène jusqu'au Lac de Cap de Long doit être prise avec prudence mais le spectacle qui vous attend est somptueux. Une petite surprise cocasse nous attendait lorsque nous voulûmes nous restaurer un peu. A cause de la différence d'altitude et de la pression atmosphérique moindre qui en résulte, le paquet de chips que nous avions acheté à Luz-Saint-Sauveur avait pris l'aspect d'un ballon de rugby. Qui dit que les lois de la physique ne sont pas drôles ?

C'est gonflé!

Néouvielle

Tout en mangeant, j'ai le plaisir de voir 4 Venturons montagnards dont un juvénile. Nous ne sommes restés qu'une petite heure au sommet car nous pensions que la route du retour se ferait elle aussi dans le brouillard. Ce fut effectivement le cas. Quelques petites anecdotes comiques viennent égayer notre retour. C'est d'abord un camion qui cale au sommet du Tourmalet. Le conducteur doit s'y prendre à deux fois pour redémarrer dans un nuage de fumée noire d'où émerge une voiture que nous n'avions pas vue. A plusieurs reprises nous avons remarqué que bien des femmes, effrayées par le vide, se penchaient amoureusement du côté du conducteur ou descendaient tout simplement de voiture pour céder leur place à leur compagnon de route.

Nous eûmes un peu de soleil à Super Barèges où j'ai pu assister au spectacle touchant d'une Niverolle alpine qui nourrissait ses petits dans la structure métallique d'un remonte-pente.

29 juillet 2003.

Il fait à nouveau beau et nous avons décidé de retourner dans la Vallée d'Arrens. Nous montons facilement jusqu'au Lac de Suyen à 1536 m d'altitude puis un peu plus haut jusqu'au lieu nommé " Labassa ". En redescendant, nous faisons un détour par la Cascade de Doumbass juste pour le plaisir. Les Marmottes sont assez nombreuses mais les plus belles observations sont pourtant encore à venir. Ce sera d'abord un Faucon pèlerin, puis un Coucou gris femelle en phase rousse, un Circaète Jean-le-Blanc et finalement une curée de Vautours fauves au-dessus du Lac du Tech.

J'avais repéré dans ma longue-vue un de ces oiseaux se poser et commencer à manger quelque chose que je ne distinguais pas encore. Peu à peu, d'autres congénères sont venus, suivis de 3 Grands Corbeaux. Il y aura finalement jusqu'à 8 de ces charognards autour du cadavre que je finirai par identifier comme étant celui d'un mouton alors que 5 autres individus survolent l'endroit en attendant leur tour. Le spectacle était fascinant. 3 oiseaux se disputaient la proie en même temps, d'autres individus tentaient de s'approcher en sautillant à pieds joints, les ailes écartées, tendant le cou à l'horizontale ou attendaient patiemment un peu plus loin que les plus forts fussent repus. Au bout d'une heure, la bataille fut moins féroce et les plus faibles purent s'approcher.

30 juillet 2003.

C'est le jour que nous avions prévu pour le départ. Nous avions décidé de faire la route en deux fois d'autant plus que les nombreuses silhouettes noires représentant les personnes tuées sur les routes entre Tarbes et Auch nous incitaient à redoubler de prudence et donc à rouler moins vite. Nous faisons une pause à Bruniquel qui est, paraît-il, l'un des plus beaux villages de France. C'est à cet endroit que vous pourrez visiter les deux châteaux où a été tourné le film " Le Vieux Fusil " dont les vedettes sont Philippe Noiret et Romy Schneider. Une autre vedette locale, la Dame de Bruniquel, est moins connue. Il s'agit du squelette, assez bien conservé, d'une jeune femme, morte il y a plus de 10 000 ans. Le soir, nous atteignons Aurillac après avoir remprunté en partie, les Gorges de l'Aveyron.

Le Château de Bruniquel

31 juillet 2003.

Notre voyage s'est poursuivi sans histoires par les petites routes du centre de la France jusqu'à Vichy, cette ville au charme un peu suranné qui a connu ses heures de gloire pendant le Second Empire et la Belle Époque. La traversée d'une partie de Dijon nous a fait perdre un peu de temps mais nous devions en perdre encore plus dans un bouchon causé par un accident dans la région de Nancy. Nous sommes de retour chez nous vers 20 h 30 après un périple de 3874 km.

Liste des espèces observées dans les Hautes-Pyrénées

01 Grèbe castagneux Tachybaptus ruficollis
02 Grand Cormoran Phalacrocorax carbo
03 Héron cendré Ardea cinerea
04 Milan noir Milvus migrans
05 Vautour fauve Gyps fulvus
06 Bondrée apivore Pernis apivorus
07 Buse variable Buteo buteo
08 Aigle royal Aquila chrysaetos
09 Circaète Jean-le-blanc Circaetus gallicus
10 Faucon crécerelle Falco tinnunculus
11 Faucon pèlerin Falco peregrinus
12 Pigeon ramier Columba palumbus
13 Pigeon biset Columba livia
14 Tourterelle turque Streptopelia decaocto
15 Coucou gris Cuculus canorus
16 Martinet noir Apus apus
17 Martin-pêcheur d'Europe Alcedo atthis
18 Pic vert Picus viridis
19 Hirondelle de rochers Hirundo rupestris
20 Hirondelle rustique Hirundo rustica
21 Hirondelle de fenêtre Delichon urbicum
22 Pipit spioncelle Anthus spinoletta
23 Bergeronnette grise Motacilla alba
24 Bergeronnette des ruisseaux Motacilla cinerea
25 Cincle plongeur Cinclus cinclus
26 Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes
27 Accenteur alpin Prunella collaris
28 Rougegorge familier Erithacus rubecula
29 Rouqequeue noir Phoenicurus ochruros
30 Traquet motteux Oenanthe oenanthe
31 Merle noir Turdus merula
32 Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla À
33 Mésange huppée Parus cristatus
34 Mésange bleue Cyanistes caeruleus
35 Mésange charbonnière Parus major
36 Mésange noire Parus ater
37 Sittelle torchepot Sitta europea
38 Geai des chênes Garrulus glandarius
39 Pie bavarde

Pica pica

40 Chocard à bec jaune Pyrrhocorax graculus
41 Grand Corbeau Corvus corax
42 Corneille noire Corvus corone
43 Moineau domestique Passer domesticus
44 Niverolle alpine Montifringilla nivalis
45 Pinson des arbres Fringilla coelebs
46 Venturon montagnard Serinus citrinella
47 Serin cini Serinus serinus
48 Chardonneret élégant Carduelis carduelis
49 Bouvreuil pivoine Pyrrhula pyrrhula
50 Linotte mélodieuse Carduelis cannabina
51 Bruant jaune Emberiza citrinella

Autres espèces observées :

Marmotte des Alpes (Marmota marmota)

Écureuil roux (Sciurus vulgaris)

Lézard des murailles (Podarcis muralis)

Couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus)

Anax Empereur (Anax imperator)

Libellule déprimée (Libellula depressa)

Conocéphale de Latreille (Conocephalus dorsalis)

Souci (Colias crocea)

Tabac d'Espagne (Argynnis paphia)

Sylvandre (Hipparchia fagi)

Machaon (Papilio machaon)

Vulcain (Vanessa atalanta)

Apollon (Parnassius apollo)

Moro Sphinx (Macroglossum stellatarum)

Zygène de la filipendule (Zygaena filipendula)



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